ALEXIS PESKINE power figures
Je me rends dans l’atelier d’Alexis PESKINE, artiste franco-brésilien, situé en banlieue parisienne. Telle une rétrospective, il nous raconte l’évolution de son travail au fil de sa carrière, ses aspirations, son attachement à son pays natal, le Brésil, et son amour pour l’Afrique.
Rencontrée bien avant qu’il ne devienne une figure emblématique du marché international de l’art contemporain, Alexis m’avait déjà impressionnée par l’originalité et la puissance de ses œuvres, frappées de clous. Ses créations explorent les expériences noires, inspirées par une histoire personnelle marquée par ses origines, sa vie en France, ses années passées aux Etats-Unis et son lien profond avec l’Afrique. Ses œuvres portent un message spirituel et expriment un désir profond d'abondance pour les Afro-descendants et pour l'humanité.
Je découvre son atelier, un espace rempli d’oeuvres, dont les plus récentes ont été envoyées à travers le monde pour des expositions. Nous empruntons un escalier pour atteindre un seconde espace. La pièce révèle son goût pour la lecture : un meuble rempli de livres, certains éparpillés, y compris un avec une couverture représentant une de ses oeuvres, et des objets symboliques dont un Minkisi. Il y a aussi des pièces de créateurs afro-descents notamment de Laurence Airline, créatrice franco-ivoirienne. Son environnement témoigne de son engagement envers les savoirs et la mise en valeur de la création afro-descente.
Alexis raconte son parcours, ses défis, ses inspirations. Une sorte de rétrospective sur ses années écoulées, une « open conversation » riche et instructive de son enfance à aujourd’hui. Né d’une mère brésilienne et d’un père franco-russe, il a grandi dans une fratrie de 3 garçons. Sa passion pour l’art s’est développée dès l’enfance.
Gystere, Anthony Peskine, Alexis Peskine au MoMA, New York ©️Anthony Peskine
RL : Alexis, où as-tu grandi ? Comment l'art a-t-il trouvé sa place dans ta vie?
AP : Je suis né dans le 14ᵉ arrondissement de Paris et j'ai grandi à Issy-les-Moulineaux. Nous allions très souvent au Brésil parce que mes parents tenaient à ce que nous restions proches de nos racines brésiliennes. Puis, je suis parti jouer au basket et étudier aux États-Unis. Depuis tout petit, mes parents ont remarqué notre intérêt pour l'art et nous ont poussés à explorer différentes choses. Ils nous encourageaient à dessiner. Mon père, par exemple, nous ramenait des feuilles de papier blanc et des crayons. Avec mes frères, on s’amusait en créant nos propres jouets. Nous avons même fait nos propres dessins animés avec une caméra VHS. En fait, on s’amusait tout simplement !
RL : À quel moment l'art est devenu plus qu'une passion ? Quand as-tu décidé de te lancer dans une carrière d’artiste ?
AP : J’étais encouragé par les gens autour de moi qui remarquaient que je dessinais bien. Je voulais toujours faire mieux pour ne pas décevoir ! Cela devenait une manière d'exister aussi, parce que les gens te reconnaissent pour ça.
Parti aux Etats-Unis pour jouer au basket, je m’amusais dans les cours d’arts, car j'étais bon et c’était quelque chose que j’aimais ! Arrivé à l’université à Howard, j’ai dû choisir une filière, et c’est là que les choses sont devenues plus sérieuses. J'ai gagné des concours qui ont rapporté 25 000 dollars à mon école, au département d’art. C’était un concours pour les HBCU, les écoles historiquement noires. Même en tant qu’étudiant, des gens s'intéressaient déjà à mes œuvres. J'ai commencé à recevoir des commandes et à vendre des tableaux et des photos à mon petit niveau. Les choses sont vraiment devenues sérieuses, lorsque j'ai arrêté le basket pour me consacrer entièrement à l’art. Ensuite, je suis allée au Maryland Institute of Art avec une bourse Fulbright.
« Plus tu crées, plus tu te confortes dans l'idée que tu es un artiste. »
Gagner des concours, obtenir des bourses, accumuler les preuves de ton talent, obtenir des diplômes, et voir que les gens apprécient ce que tu fais, et commencent à acheter tes œuvres, tout cela montre à quel point c'est sérieux.
Alexis Peskine et sa mère ©️Alexis Peskine
INFLUENCES ET MENTORS
RL : Y a-t-il des personnes qui t'ont particulièrement inspiré ou poussé dans ta carrière artistique ?
AP : Ah oui, il y en a beaucoup ! Tout d'abord, mes parents ! Mon père était architecte, professeur d’architecture. Ma mère, pas forcément dans sa pratique, elle a fait plein de boulots, coiffeuse, ménage… Mais comment dire… Au Brésil, l'expression artistique fait partie de notre ADN. Chez nous, beaucoup font de la musique, ils s'expriment à travers l’art. Ma mère, par exemple, jouaient des percussions, la batucada, improvisait et chantait. Elle dessinait aussi. C'est une manière de vivre. J’ai baigné dedans !
Ma tante, une femme indépendante qui dirigeait sa propre maison de design industriel, m'a aussi beaucoup marqué. Elle m'a embauché pendant mon CFA en arts graphiques. Le sens du design, je lui dois ! Elle m’emmenait voir des expositions, des musées. Elle m’a fait découvrir des artistes ; j’étais étonnée de voir qu’elle connaissait déjà Adichie, avant qu’elle ne devienne populaire. Parmi mes mentors, il y a eu des professeurs comme James Philips, Aziza Hunter, et Mike Platt, paix à son âme, qui m'a accueilli chez lui pour que je puisse travailler sur de grands formats avec sa presse. Et après, bien sûr, mes frères !
Ensuite, lors de mes débuts en solo à New York, Eric Chapeau, restaurateur de pianos et de meubles antiques, m'a appris des techniques fines comme la dorure à la feuille et m'a offert un espace pour créer.
Idriss Fall, mon tonton, m'a redonné goût à la lecture et a été un grand mentor. Il y a plein de gens, d’amis, de pairs qui m’ont aidé et continuent de m’aider. Pleins que j’ai oubliés là tout de suite… Des personnes comme Zak Ové, qui m’ont aidé à trouver une galerie.
COMMUNAUTÉ ET CARRIÈRE
RL : L’entourage est essentiel dans la carrière d’un artiste. Quel rôle la communauté a-t-elle joué dans ta progression et ton évolution artistique?
AP : C'est vrai, quand on est artiste il n'y a pas de chemin tracé pour toi. Ce n'est pas une carrière avec un chemin à suivre. C'est toi qui crée ta route ! Tu demandes des conseils à gauche, à droite. Tu es obligé d’avoir une communauté ! Quand j'ai voulu expérimenter des techniques nouvelles, comme apprendre à réaliser des aplats parfaits, j'ai demandé conseil à un ami d'enfance, carrossier. Ces compétences, on ne les apprend pas forcément à l'école.
Et après, il y a un truc qu'on n’apprend pas du tout à l'école, c'est le « game ». On ne t'apprend pas ce qu'il faut que tu fasses pour vendre des tableaux. Initialement, tes tableaux, tu ne les fais pas pour vendre, tu t'exprimes juste ! Mais une fois qu’ils existent, il faut les vendre, les exposer, faire en sorte que les gens les voient, et qu’on écrive sur ton travail. Il y a beaucoup à apprendre et à comprendre dans ce domaine. Il y a des espaces vraiment propices aux carrières d'artistes.
On ne nous apprend pas à cultiver des bonnes relations avec des curateurs, c’est hyper important ! On ne te dit pas que sans être représenté par une galerie, tu ne pourras pas exposer dans les foires d'art. Et si tu n'es pas dans les foires, tu n'es pas vraiment sur le marché de l’art, tu n'existes pas dans le marché de l’art.
1.Alexis Peskine à 1-54, 2023 2. Gallery Kvasnevski à New York, 2024 3,4. Foire 1-54, 2023 ©️Rosine Lusuekakio
ESSENCE ET EVOLUTION
RL : Parle nous de l’essence de ton travail…
AP : La base de mon travail, ce sont les expériences des Afro-descendants, les expériences des Noirs sur cette terre. C'est nos vies, c’est ma vie ! Il y a beaucoup de choses dans le monde occidental orienté d’aujourd'hui, qui ont été mises de côté, cachées, des vérités non dites. Il y a beaucoup de frustration. Il y a beaucoup de choses belles que nous avons créées. Mon travail rend hommage : ces contributions expriment l’amour que je porte pour ma propre culture, pour nos cultures, pour les cultures afro-descendants.
Il s’agit de raconter les histoires de nos ancêtres et les honorer, ainsi que nos histoires contemporaines, afin que ceux qui nous ressemblent se voient, et que ceux qui ne nous ressemblent pas également. Il est crucial que nous soyons vus, que nous existions à travers nos propres histoires et selon nos propres termes, et que ce ne soit pas d’autres qui racontent des histoires pour nous de leur point de vue. C'est l'âme de mon travail !
Ce qui est important, c’est ce que l’on construit, l’abondance que l’on crée pour nous, pour nos semblables et pour nos enfants. Mamadou Diouf a dit « Les lumières se sont éclairées en nous mettant dans l’ombre ». Ce système nous a mis dans l'ombre.
« Les lumières se sont éclairées en nous mettant dans l’ombre ». - Mamadou Diouf
RL : J’ai vu le dessin que tu as fait à l’âge de 8 ans. Tu sembles avoir développé une conscience noire très tôt. Peux-tu me dire comment cela est arrivé si jeune ?
AP : C'est grâce à mes parents, mais aussi à cause des humiliations subies en France et de ce que j'observais autour de moi. J’ai grandi dans les années 80 en France et c’était « hardcore » ! L'image négative qui nous était renvoyée ; c’est pour ça que c’est important de véhiculer notre propre image.
Mes parents m’emmenaient dans les manifestations contre l’apartheid. Ils m'ont inculqué l'importance de lutter contre l’oppression — que ce soit les Noirs, les Palestiniens ou hier, les Juifs. C’est important même aujourd’hui d’amener les enfants en manif. Ces valeurs m’ont été transmises, sans que mes parents soient forcément des gens qui ont lu la négritude. Ma mère a toujours été vocale par rapport aux injustices qu'elle subissait en France.
Dessin d’Alexis Peskine à 8 ans ©️The Met
Gystere et Alexis Peskine, Marche contre le racisme à Paris, 1987 ©️Alexis Peskine
RL : Je vois que tu es un érudit et il y a énormément de livres…
AP : Je ne les ai pas tous lu mais j’en ai lu pas mal!
RL : Tu finiras par les lire ! Et même si ce n’est pas toi qui les a entre les mains, ce sera peut-être ton fils. Avoir tous ces livres, c'est posséder la culture en main. C'est une grande richesse. Tu consacres beaucoup de temps à la lecture et à la réflexion à travers ces livres?
AP : C'est mon oncle Idrissa Fall et ma tante Caroline Bosc qui m'ont initié à la lecture, quand j'étais à Howard. Je viens de finir « Braiding Sweetgrass » - La philosophie des natifs américains, qui traite d’écologie, d’histoire, de colonialisme, de spécisme. Je lis beaucoup d'écrivains afrodescendants. Un des livres les plus intéressants que j'ai lus récemment, que je conseille à tous, c’est « Black and British. » Actuellement, j’hésite entre plusieurs auteurs pour ma prochaine lecture : Credo Mutwa, et Trica Keaton, la France noire.
Quand j’étais chez mon tonton Idi (Idrissa Fall) à Washington qui m'a pris sous son aile, il y avait toujours des intellos africains chez lui, comme Mamadou Diouf. Je les écoutais discuter. Le premier livre qu’il m’a offert était « Things fall apart » de Chinua Achebe.
Ayant grandi en France d'une famille afro brésilienne, il y a tellement de choses dont nous avons été coupés. Je voyage souvent sur le continent [Afrique], j’essaie de faire les 54 pays. Ce n’est pas tant pour m’enraciner, mais pour comprendre le monde, pour saisir le monde d'où nous avons été arrachés. Je sais qu’il y a des choses qu’on ne récupérera pas, mais je veux juste être plus riche et me reconnecter, dans un sens, à une partie de mon histoire.
RL : Comment ton travail a-t-il évolué ces dix dernières années ?
AP : Mes œuvres à clous se sont simplifiées et sont devenues plus spirituelles. Avant, il y avait des petites blagues et davantage de références intellectuelles pour faire réfléchir à des sujets sérieux. Maintenant, mon art rend davantage un hommage à notre beauté, à nos beautés, à nos résistances, à nos forces, à nos créativités - tout cela au pluriel. Les oeuvres sont plus solennelles, plus énergétiques et plus ressenties, plutôt qu'intellectuelles. Elles sont subtiles dans leur exécution, utilisant du bissap, de la terre, du café pour teindre le bois, ainsi dans des matériaux comme la feuille d’or et d’argent, ainsi que dans les expressions des gens.
Mais la difficulté pour moi, c'est de créer des images simples qui sont un océan de questionnements, d’émotions et d’inspirations. Mes œuvres sont devenues plus des aspirations à l’abondance et sont devenues des power figures - comme ces sculptures, ces carranca.
“ Mon art rend davantage un hommage à notre beauté, à nos beautés, à nos résistances, à nos forces, à nos créativités - tout cela au pluriel. ”
©️Alexis Peskine, ©️October Gallery
ASPIRATION À L’ ABONDANCE
RL : Tu es un artiste engagé. L’art comme moyen de protestation…
AP : L’art comme moyen d’expression, je dirais. L’art c’est comme mes aspirations, mes aspirations à l'abondance pour le moment, là où je suis aujourd’hui. Je proteste beaucoup plus dans les interviews.
RL : Et justement, le fait de protester, est-ce qu’à un moment donné, tu ne t’es pas demandé si cela ne pouvait pas te porter préjudice. Est-ce qu'il y a eu un frein?
En France, on ne veut tellement pas entendre parler de tes histoires de N****. Au début, j’utilisais Astérix de manière humoristique, pour aborder des sujets sérieux comme la hiérarchie de francité et des inégalités. Sans me rendre compte, j’étais jeune, c’était pour que des gens fragiles ne soient pas gênés ! Mais à un moment donné, j’ai réalisé que je n’ai pas besoin de décontracter les gens pour parler de ce que l’on vit, qui est violent.
Aujourd’hui, je suis beaucoup plus libre. Lors d’une exposition dans un musée, on m’a expliqué que les fondateurs qui ont bâti ce musée l’ont fait sur des fonds issus de la traite. Ils ont forcément travaillé avec des gens qui déportaient des Africains au Brésil. Et lorsque je suis allée au Brésil, ma tante m’a confirmé des histoires sur notre famille, liée à la traite.
Face à cette situation, c’était : soit je n’expose pas, ou j’expose, mais j’écris un texte et m’exprime à ce sujet. J’ai imposé cette condition. J’ai écrit un texte qui accompagnerait cette oeuvre, la seule œuvre avec mon visage dessus. Elle a été mise comme pièce centrale et c’était important !
Le fait de s'instruire, c'est important parce que ça fait que tu as moins peur. Maintenant, je parle avec mon coeur, je parle avec mes ancêtres. Je n’ai pas à avoir peur, je vais avoir peur de quoi? J’ai compris la puissance que j'avais dans ce que je créais et ce que nous avons en tant qu’Afro-descendants, le fait qu'on soit des alchimistes, qu'on est un puits infini de créativité et de production culturelle de ce monde, pas seulement contemporain, du monde. On est tellement prolifique que, quand tu comprends ça, tu comprends le pouvoir que tu as. Moi, maintenant, je sais quand je fais quelque chose pour une institution, je sais que je les améliore. Donc en fait, je n'ai pas à faire de compromis.
J’ai compris la puissance que j'avais dans ce que je créais et ce que nous avons en tant qu’Afro-descendants, le fait qu'on soit des alchimistes, qu'on est un puits infini de créativité et de production culturelle de ce monde.
RL : Tu as une association….
AP : Oui, j’ai une association. Les milieux de l'art sont intimidants et donc, en fait, je veux donner accès à des gens qui ne sont pas forcément de ces milieux. J'ai créé des synergies et des échanges avec des jeunes artistes du Brésil, de Bobigny, ainsi que des artistes du Sénégal comme Aliou Diack, qui est un grand artiste. Il y a des gens qui ont fait la même chose pour moi, c’est normal.
Je suis quelqu’un, dès que je vois qu'il y a une connexion à faire, je la fais entre les gens surtout au sein des Afro-descendants. J’ai des assistants qui sont allés à Rio, Sénégal, Florence, Maroc, Angola…
RL : Que penses-tu de la nouvelle génération d’artistes Afro-descendants ?
AP : Il y a plein de trucs où justement ils n’ont pas peur. Ils s'autorisent et ne demandent pas la permission. Ils disent ce qu'ils ont à dire. Grâce aux gens de ma génération et des générations d’avant qui ont lutté pour s’imposer. En fait, ils n’ont pas le temps de marcher sur des oeufs. Nous, nous étions obligés de marcher sur des oeufs.
Mais ça dépend vraiment, parce que tu vas avoir quand même beaucoup de jeunes artistes, qui sont sur le continent, qui voient cette sorte de monstre, qui est le marché de l'art, dont les manettes sont en Occident. C’est pour ça que je dis qu’il est aussi important de développer nos propres structures. Actuellement, la porte est ouverte, tout le monde veut voir des artistes afro-descendants. Et des fois, il y a des gens, ils s'adaptent quasiment au marché, à ce qu'ils ont l'impression qu'on veut entendre ou voir en Europe.
Donc d'un côté, tu vas avoir des gens qui disent ce qu'ils ont à dire et s'en foutent, ils ne sont pas en train de penser au prisme européen. De l'autre, tu as ceux qui veulent manger et qui voient un peu les tendances et dans un sens, ce qui marche. Il y a un peu de tout.
Il y a beaucoup plus de facilités par rapport à avant, on peut te voir à l’autre bout du monde grâce à ton Instagram. Comme il y a une demande venant des diasporas, il y a des gens qui sont à l’université et « bim », il y a une galerie qui vient, qui les prend, qui les expose. C'est très différent de l'époque où je devais marcher avec mon portfolio physique.
RL : Quels sont les souvenirs les plus marquants de ta carrière ?
AP : Certains sont impressionnants, d’autres marquants à différents moments. Lorsque j’ai gagné la compétition à Howard, c’était une première pierre posée. Lorsque j’ai fini mon premier tableau et qu’une personne l’a acheté. Lorsque j’ai exposé pour la première fois à 1-54. Mon exposition solo avec October Gallery. Ma rencontre avec le Roi du Maroc au Sénégal. Réaliser un film, “Aljana Moons”. Voyager, faire une biennale… Les moments qui t’asseyent en tant qu’artiste. Ce sont des grands tournants.
Ma rencontre avec Will Smith à 1-54, je lui ai présenté mon travail, on a échangé pendant dix minutes. J’ai kiffé ! Encore plus énorme, à ArtX Lagos, au même moment il y avait la première de Wakanda Forever. Je voulais vraiment y aller. Impossible, plus de places. J’étais triste mais je savais qu’un truc allait se passer ! Restons positif !
Je vais à l’hôtel un moment, puis je reviens à la foire. Il y a un mouvement de foule ; je vois la fondatrice de la foire, Tokini Peterside-Schwebig avec Ryan Coogler, on échange, on discute. Ryan Coogler me demande si je viens à la première de Wakanda Forever ! Et on me met sur la liste, je me retrouve à la première !